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Maître d’œuvre : sur quels facteurs fixer ses honoraires ?

En dehors des dispositions de la loi MOP qui concernent les relations avec la maîtrise d’ouvrage publique, la rémunération du maître d’œuvre est fixée librement dans un contrat de maîtrise d’œuvre négocié entre les parties.

En effet, le montant des honoraires de la maîtrise d’œuvre est soumis à la libre concurrence. Ceci étant, établir un chiffrage cohérent, qui tient compte de l’ensemble des charges et des bénéfices escomptés, est essentiel. De nombreux critères entrent en ligne de compte, tels que la nature des travaux (projet deconstruction ou de rénovation), leur complexité ou la qualité du prestataire (architecte, bureau d’études...), sans oublier la durée ou la localisation du projet.

Alors, comment facturer ses prestations quand on est maître d’œuvre ?

 

1.   La décomposition des missions du maître d’œuvre 

 

Pour fixer au mieux le montant de vos prestations sur le projet de travaux de votre client, une identification précise de vos missions s’imposent. Cette rigueur vous aidera tout autant pour la rédaction de l’objet du contrat de maîtrise d’œuvre et ainsi éviter les malentendus, voire les conflits.

 

a.    Les missions de base

 

Celles-ci varient suivant le projet de construction et leur degré d’expertise ou d’innovation. Mais on retrouve, le plus souvent, les missions suivantes :

 

- Étude d’esquisses : s’assurer de la faisabilité du projet

- Avant-projet sommaire :déterminer les premières spécificités de la construction et le coût prévisionnel des travaux

- Avant-projet définitif :valider les prestations techniques du projet de travaux et le choix des matériaux

- Dossier de demande de permis de construire : réaliser les pièces administratives et les documents techniques à déposer en mairie, en respectant la réglementation d’urbanisme locale

- Dossier de consultation des entreprises : préparer l’appel d’offres auprès des différents corps d’état

- Passation des contrats de construction :assister le donneur d’ordres dans la signature des marchés avec les différents intervenants

- Suivi des travaux : superviser l’exécution des travaux dans le respect des délais et du permis de construire

- Assistance aux opérations de réception : aider le maître d’ouvrage à l’achèvement des travaux

- Dossier des ouvrages exécutés : fixer l’état définitif des travaux réalisés

 

b.   Les missions complémentaires et les frais directs

 

En plus de ces prestations dites standard, vous pouvez être amenés à réaliser des missions plus spécifiques qu’il est utile de préciser afin de savoir comment les facturer. Celles-ci sont très variées et dépendent beaucoup des compétences du maître d’œuvre. Car si effectuer un relevé des existants ou constituer un dossier de demande de permis de démolir est assez accessible, tout le monde n’est pas en mesure d’accepter une mission d’OPC (Ordonnancement,Pilotage et Coordination). En effet, le pilotage de chantier est un travail totalement différent de la phase conception.

Par ailleurs, certains frais de fonctionnement sont parfois nécessaires pour assurer la prestation demandée parle client. Un prix doit donc être fixé pour des frais de déplacement hors mission ou encore de la reproduction de documents.

 

2.   Les différentes méthodes de facturation

 

Quelle que soit la méthode choisie, vous devez pouvoir expliquer à votre client que lest le coût de la prestation et comment il a été calculé.

 

a.    Au pourcentage du montant des travaux HT

 

La pratique la plus utilisée est celle du pourcentage sur le montant total des travaux, c’est-à-dire sur tous les contrats de construction des intervenants au chantier. D’une manière générale, les honoraires sont plus élevés lorsqu’il s’agit d’une rénovation ou d’un projet complexe. Ils le sont également quand le maître d’œuvre est un architecte.

À titre indicatif, le montant des honoraires varie généralement en moyenne entre :

 

ð 6%et 15% pour un projet deconstruction réalisé par un maître d’œuvre ou un bureau d’études

ð 8%et 12% pour un projet deconstruction réalisé par un architecte

ð 10%et 20% pour des travaux de rénovation

 

Pour éviter les difficultés, il est indispensable de préciser si le pourcentage s’applique sur le budget prévisionnel ou sur le montant définitif des travaux.Le mieux reste de se baser sur tous les contrats et marchés signés au fur et à mesure du chantier pour inclure ainsi les avenants.

 

b.   Au « Temps à passer »

 

La facturation suivant le temps que vous passerez sur le projet dépend en fait de votre taux horaire. Si le maître d’ouvrage vous confie une mission de suivi de chantier, sa durée prévisionnelle doit être prise en compte. La complexité du projet est également déterminante pour l’estimation. Le prix est alors indiqué hors taxes et varie entre 50 et 140 € de l’heure en moyenne.

 

c.    Au forfait

 

Vous pouvez aussi opter pour une facturation des honoraires au client établie forfaitairement, à la signature du contrat de maîtrise d’œuvre. Cela nécessite, pour le suivi de chantier, d’une parfaite vision du projet et des possibles débordements afin d’éviter de travailler à perte. Pour les autres prestations, vous avez à déterminer des prix suivant chaque mission avec une extrême précision.

Compte tenu du risque, cette pratique est rarement choisie par les professionnels bien qu’elle soit favorable au client qui dispose de ce fait d’une très bonne visibilité financière.On la retrouve cependant sur des petits projets simples, inférieurs à 170 m2.

 

***

 

En somme, la rémunération du maître d’œuvre dépend largement de l’issue des négociations avec le maître d’ouvrage. Certes, de bonnes bases pour une facturation éclairée s’imposent. Mais le maître d’œuvre doit avant tout faire preuve d’une grande souplesse pour s’adapter au projet de son client, répondre à ses besoins et avoir une chance de décrocher le contrat.

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