Comment évaluer la performance technique d’un chantier de construction?

Dans le secteur de la construction, la mesure de la performance est une pratique extrêmement utile car elle concerne plusieurs aspects de chaque projet, qu’il s’agisse de construction ou de rénovation de bâtiments. Elle touche en effet à des questions aussi variées que les normes de construction, les coûts, les heures de travail ou la sécurité des effectifs. L’évaluation des critères de performance est par conséquent déterminante dans le succès et la pérennité de l’entreprise générale. Cette notion est toutefois liée à des objectifs de qualité et à la certification issue de la démarche HQE.


Performance technique du chantier : de quoi parle-t-on ?


Avant toute chose, il est primordial de savoir ce que les maîtres d’ouvrage, les entreprises du bâtiment et leurs sous-traitants ainsi que les prestataires et les fournisseurs entendent par chantier « performant ».


La productivité et le coût global du projet de construction


En premier lieu, les acteurs du BTP considèrent leurs chantiers performants par rapport à la productivité de leurs équipes sur le terrain. Car réaliser des bâtiments en cumulant des retards est une source de surcoût important. Quand on sait que près de 60% seulement du temps des travailleurs est passé à construire (attente des instructions, non anticipation des impondérables, etc.), analyser les causes d’improductivité s’avère nécessaire.


L’efficacité dans la gestion technique du chantier


La performance s’apprécie également sur le plan technique. Concevoir des bâtiments est le rôle du cabinet d’architecte. Le construire dans le respect du cahier des charges est celui de l’entreprise générale assistée de ses équipes de gros œuvre et de second œuvre. L’efficacité de cette opération dépend de ce fait entièrement de la main d’œuvre. C’est pourquoi des collaborateurs qualifiés et expérimentés sont les garants d’un niveau certain de performance.


Les indicateurs clés de performance (KPI)


Pour pouvoir évaluer cette performance et réaliser des mesures, il faut au préalable définir des éléments auxquels se repérer. Il appartient à l’entreprise elle-même de les déterminer selon ses objectifs, en sachant que les principaux sujets sont les suivants : 


  • Le personnel en sous ou sur effectif,
  • Les erreurs dans les documents techniques
  • Les incohérences de calendrier 
  • Le management des équipes
  • Les interférences entre les différents corps d’état
  • La qualité des produits de construction…


L’amélioration de la performance par la démarche qualité


Afin de satisfaire la maîtrise d’ouvrage leur cliente et de répondre aux critères de performance attendus, de nombreux professionnels s’engagent à intégrer la démarche qualité ISO 9001 dans leurs processus de production. Celle-ci s’articule autour de l’établissement d’un diagnostic, de la proposition de modifications et de la mise en œuvre de mesures correctives. 


La démarche QSE 


En matière de qualité, les entreprises du bâtiment et des travaux publics ont plus généralement opté pour la démarche QSE (Qualité Sécurité Environnement) en particulier, plus complète et davantage adaptée au secteur de la construction. L’objectif est de prévenir, de maîtriser et de gérer les aspects suivants : 


  • Les risques professionnels et les accidents du travail
  • Les dangers liés à l’environnement de travail en matière de santé des salariés, comme notamment les questions relatives à l’hygiène sur les bases de vie des chantiers
  • Les impacts environnementaux


Le respect des labels et des normes


Quel que soit le type de bâtiment qu’elle est amenée à réaliser, l’entreprise générale ne doit certes pas contrevenir au droit de l’urbanisme. Mais elle peut également, si elle le souhaite, respecter certains référentiels qui valoriseront ses actions. Ce sont des labels et des normes qui sont en eux-mêmes des indicateurs de qualité et qui ont vocation à rassurer le client. Rappelons à toutes fins utiles que les normes disposent d’un cadre réglementaire alors que les labels sont établis sur la base du volontariat.


La construction de bâtiments performants


La performance technique d’un chantier se mesure également à la performance énergétique de l’ouvrage réalisé, quel que soit le type de bâtiment construit.


Le bâtiment certifié HQE


Lorsqu’un bâtiment répond aux normes de performance énergétique de Haute Qualité Environnementale, l’AFNOR peut délivrer une certification. Les bâtiments certifiés mettent alors en avant une construction écologique alliée à des économies d’énergie au bénéfice des occupants. Cette démarche HQE s’inscrit dans un processus plus large qu’est le développement durable. Par ailleurs, elle s’applique à tous les types de bâtiment : logements collectifs, habitats individuels, résidences de services, établissements médicosociaux, tertiaires…


Le contrat de performance énergétique


Le contrat de performance énergétique est une convention passée entre un maître d’ouvrage et une entreprise concernant plus particulièrement les bâtiments existants. L’objectif est de réaliser des économies d’énergie par des travaux réalisés à l’intérieur ou à l’extérieur. Le contrat doit préciser un seuil de performance à atteindre une fois les travaux terminés. Ceux-ci sont alors mesurés et vérifiés. Il existe 3 sortes de contrats de performance énergétique : 


  • Fourniture et services : il est relatif aux équipements de production
  • Travaux et services : il concerne les travaux d’étanchéité et d’isolation
  • Global : il regroupe les deux précédentes catégories.


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En définitive, l’entreprise générale a tout à gagner à être performante sur ses chantiers et dans la construction de ses bâtiments. Que ce soit à l’occasion de la réalisation de constructions neuves ou de travaux de rénovation de moindre importance, être performant est un gain de temps et d’argent. Aujourd’hui, ni le défaut de qualité ou de conformité ni le retard dans le chantier n’est envisageable. Cette évidence est d’autant plus prégnante dans l’esprit des entreprises du bâtiment qu’une technique de gestion issue de l’industrie a été appliquée à la construction : le Lean Management. Appelé Lean Construction, ce nouveau système basé sur la gestion de projet permet de minimiser la perte de temps et le gaspillage d’effort par le changement des comportements.

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