BÂTIR POUR L'AVENIR

Innovation : quand la terre se mêle à la mer

Publié le
20
/
09
/
2018
par
Joyce Vautier

Cette semaine a été marquée par des constructions marines innovantes, entre la première éolienne flottante en mer française, au large du Croisic (Loire-Atlantique) mise en place il y a 2 jours et Akuo Energy qui lance aujourd’hui la construction d’une centrale solaire flottante à Piolenc (Vaucluse).

Ces événements nous ont inspiré chez AOS, et nous ont fait penser à une ville d’Europe, une grande capitale touristique qui est en partie connue pour voir circuler plus de vélos qu’elle n’a d’habitants. Cette métropole dont le nom évoque ses origines, Dam voulant dire digue, n’est pas connu que pour ces 2 roues mais également pour l’omniprésence d’eau au sein de celle-ci, comme en témoignent ses fameux canaux. La nouvelle politique d’aménagement d’Amsterdam permet une grande liberté architecturale ayant pour but de construire pour remédier aux problèmes d’aujourd’hui mais également prévoir ceux de demain.

maisons flottantes aux Pays - Bas

 

Contraintes d’aujourd’hui et de demain

 

Amsterdam rencontre actuellement un manque de place en raison d’une forte densité de population.

En plus de ce problème d’espace, et sachant que cette ville est construite dans l’eau (elle se situe en moyenne à 7 mètres sous le niveau de la mer), la prévision des changements climatiques à venir encourage les néerlandais à varier leur mode d’habitation.

L’eau a donc conditionné la vie des habitants et de fait, l’architecture. L’habitat flottant, encore à la phase expérimentale en France, est monnaie courante aux Pays Bas mais ce challenge n’est pas des moindres, autant d’un point de vue architectural que matériel.

 

Construire innovant et intelligent

 

Que fait-on à Amsterdam quand il n’y a plus assez de place pour construire et loger tout le monde ? Et que l’avenir ne présage rien de bon pour cette vie où l’eau est omniprésente ? On gagne de nouvelles terres sur la mer du Nord. IJburg est indéniablement le terrain de jeu des jeunes agences du BTP qui expérimentent à toutes les échelles : de l’habitat collectif aux façades improbables à la maison individuelle très hype au bord des canaux. La construction de ce quartier situé à l’est d’Amsterdam, a débuté en 1997 et les travaux se poursuivent toujours, IJburg devrait voir naître trois nouvelles îles d’ici quelques années.

 

Et techniquement ça donne quoi ?

Les maisons sont construites dans un chantier naval au nord deIJ Lake, puis tirées à travers les écluses, ce qui signifie que celles-ci ne peuvent pas dépasser une largeur de plus de 6,5 mètres. Pour veiller à ce que les habitations ne dérivent pas, elles sont ancrées sur le lac par des poteaux d’amarrage en acier.

 

Elles sont soutenues par des cuves en béton flottantes immergées à une profondeur d’un demi-étage. Une construction légère en acier de support est construite sur le dessus, équipée de panneaux en bois pour faire des pièces et des étages. Les chambres et la salle de bain sont situées dans la partie sous-marine. Le rez-de-chaussée est pour la cuisine et la salle à manger et est connecté à une plate-forme terrasse ouverte. La zone d’habitation principale occupe l’étage supérieur. Des vérandas, des terrasses flottantes, des auvents, etc. peuvent être facilement attachés à ce cadre qui sert de squelette. 

vivre sur les canaux d'Amsterdam

Ces quartiers flottants sont donc une solution au problème de l’élévation du niveau de la mer et de la pénurie de logements dans les zones métropolitaines denses. Les néerlandais ont donc réussi à innover pour remédier aux contraintes qu’ils rencontrent actuellement mais également prendre en considération ce que pourraient être celles de demain. Le réchauffement climatique va toucher toutes les parties du monde et le rôle des acteurs du Bâtiment sera de se renouveler pour faire face à ses problématiques.

 

 

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